Cessons la prohibition de la marijuana

Il y a pratiquement deux semaines, lors de son congrès biennal, le Parti libéral du Canada s’est déclaré en faveur de la légalisation de la marijuana. Selon moi, c’est une très bonne nouvelle qu’un parti fédéral d’importance parle de cette question. En effet, la prohibition actuelle de ce produit ne fait qu’alimenter davantage le crime organisé en lui ouvrant ces marchés. Pire encore, dans certains cas, l’achat de marijuana finance des groupes obscurs pratiquant le terrorisme, encourageant donc l’émergence de guerres dans plusieurs régions du globe. En légalisant ce produit et en permettant aux gens d’en vendre et d’en acheter tout à fait librement, tous ces groupes criminels perdent un très important marché et une très grande source de revenu, tout en ayant la possibilité de procurer des revenus provenant des taxes au gouvernement.

De plus, selon plusieurs sondages, un très grand nombre de Canadiens a affirmé avoir déjà fumé du cannabis au moins une fois dans leur vie. Est-ce que le fait de fumer un seul joint fait de tous ces gens des criminels? Que dire de tous ces gens, qui pour le seul crime d’avoir consommé de la marijuana ont obtenus un casier judiciaire avec interdiction de voyage à l’étranger, ou pire encore ont obtenus une peine de prison? « La liberté consiste à faire tout ce qui ne nuit pas à autrui. » En quoi un fumeur nuit-il à autrui?

La guerre contre la drogue, en plus d’avoir fait des milliers de victimes dans certains pays en voie de développement comme le Mexique et la Colombie, morts qui auraient pu être évitées, engouffre des ressources financières monstres, des sommes d’argents qui auraient pu être bien utiles ailleurs. Cela a donné bien peu de résultats quant à la prévention. En effet, cela n’a diminué en rien le nombre de consommateurs.

Aussi, cela peut mener à faciliter la tâche aux gens qui désirent s’en procurer à des fins thérapeutiques. En ce moment, c’est très difficile d’en obtenir. Les vertus du chanvre et du cannabis sont nombreux, cela peut aider à soulager les migraines, aider à combattre la progression du glaucome, la maîtrise de la paralysie en cas de sclérose en plaque, peut soulager les nausées dûes aux chimiothérapies qui traitent les cancers et peut même aider au soulagement des crises d’asthmes.

D’autres pays comme les Pays-Bas et la Nouvelle-Zélande en sont venus à arrêter la prohibition de cette drogue. Malgré ce que l’on peut penser, le nombre de consommateurs n’y est pas plus élevé qu’ici.  Le nombre de crimes violents non plus. Si l’illégalisation est si coûteuse et qu’elle n’a jamais empêchée personne d’en fumer… alors pourquoi la conserver?

Virer capot est un droit

À chaque fois qu’un député de l’Assemblée nationale ou de la Chambre des communes change d’allégeance partisane, le débat reprend de plus belle. Le parti qui perd ce député ne manque pas de qualificatif pour le désigner: traitre, opportuniste, agit par manque de convictions. S’en suit un concert de demande de démission, le parti affaibli de la perte d’un député exige que celui-ci démissionne afin de déclencher une élection partielle; il alimente le cynisme des citoyens selon eux. Mais est-ce vraiment les transfuges qui alimentent tant le cynisme des citoyens?

Que dire d’un député d’arrière-banc d’un parti au pouvoir. Celui-ci s’est fait élire quelques années plus tôt, très bien intentionné et plutôt idéaliste, pensant réellement que la prise de pouvoir du parti qu’il représentait aux élections allait changer le cours des choses au pays.  Il est amèrement déçu. La très grande majorité des promesses qui ont été faites n’ont jamais été réalisées et son gouvernement s’engouffre dans les scandales de corruption et de collusion. Pire encore, il fait exactement l’inverse de ce qui a été promi durant la campagne électorale. Son parti bat des records d’impopularité. Le simple député se sent trahi. Il a des convictions, et ce sont ces mêmes convictions qui l’ont poussés à se présenter quelques années auparavant.

Par contre, il ne veut pas quitter la politique, il croit qu’il peut encore changer les choses. Doit-il démissionner de son parti et se tenir debout pour ses convictions, ou rester et agir comme un simple robot qui vomit le message de la direction du parti? Nous sommes dans un pays démocratique et en tant que citoyen, le député doit avoir le droit de pouvoir changer d’allégeance partisane, que vous soyez d’accord avec les raisons ou non. Les gens du comtés qui sont mécontents de ce changement pourront s’exprimer au prochain scrutin général, pas besoin de déclencher une partielle pour ça.

Autre chose, j’en ai assez des députés des autres partis faussement outrés de ces changements d’allégeances. Le Parti québécois, par exemple, s’insurge du fait que François Rebello et autres ont quittés le Titanic péquiste pour rejoindre la CAQ ou fonder un autre parti, l’Option Nationale. Par contre, ne se rappellent-ils pas que le Parti québécois lui-même est la création d’un transfuge, René Lévesque? Lorsque René Lévesque a quitté le Parti libéral pour fonder le PQ, a-t-il démissionné de ses fonctions? Ce n’est pas cette même Pauline Marois, qui lors de la démission d’Éric Caire et de Marc Picard, était prête à les reçevoir à bras ouvert, qui aujourd’hui s’insurge de voir ses députés la quitter? Le NPD qui exige la démission de Mme St-Denis n’est-il pas le même parti qui a accueilli le transfuge conservateur québécois Robert Toupin dans les années 80? A-t-il démissionné et mit son siège en jeu?

Je ne dis pas que tout les transfuges ont raison de quitter leurs partis respectifs. Certains le font par pur opportunisme et pour des raisons nébuleuses. Mais dans certaines autres circonstances, c’est pleinement justifié de vouloir changer de parti politique.

Le 10 janvier: une date cruciale de la présidentielle américaine

Le système électoral des États-Unis est extrêmement complexe. Demain le 10 janvier 2012, aura lieu un événement très important dans le processus qui désignera le républicain qui affrontera Barack Obama dans la course à la Maison Blanche. En effet, aura lieu la primaire républicaine du New Hampshire. Lors de ce vote, le deuxième après le caucus de l’Iowa, les électeurs enregistrés de l’état du New Hampshire, peu importe leur appartenance politique, qu’ils soient enregistrés en tant qu’électeurs républicains, démocrates, indépendants ou d’un tiers parti, pourront voter pour le candidat qu’ils souhaitent voir représenter le Parti républicain lors de l’élection présidentielle.  Selon le pourcentage de votes obtenus, chaque candidat reçevra le nombre de délégués qui lui est dû. Ces délégués voteront pour désigner officiellement le candidat élu ainsi que le candidat républicain à la vice-présidence lors de la convention du parti qui aura lieu à Tampa Bay du 27 au 30 août 2012, soit lorsque chacun des 50 états ainsi que le D.C. auront votés.

Cette année, vraiment tout les courants du Great Old Party sont représentés. Premièrement, Mitt Romney, ancien gouverneur du Massachussett et mormon (l’appartenance religieuse d’un candidat étant toujours relativement importante aux États-Unis), représente l’aile conservatrice modérée du parti. Autrefois plutôt libéral, lors de ses mandats à la tête du Massachussett, il s’est soudainement montré plus conservateur lorsqu’est venu le temps de briguer la présidence. En effet, il est le penseur d’une sorte d’assurance-santé présente dans son état, semblable à celle qu’Obama veut mettre en place au niveau national. Pour rassurer ses électeurs, il assure que ce modèle fonctionne au Massachussett, mais ne peut être mis en place à la grandeur du pays. Pour l’instant, il semble le mieux placé pour remporter l’investiture républicaine. Ses positions plutôt ambiguës face au mariage gay et au droit à l’avortement font en sorte que les éléments radicaux du parti se méfient de lui et le croient incapable de battre Obama en novembre prochain.

Deux autres candidats, Rick Santorum et Rick Perry, représentent quant à eux le courant évangélique du parti. Pour eux, la morale et la foi religieuse doit être au coeur de leur présidence. Rick Santorum est d’abord connu pour des propos homophobes qu’il a tenu par le passé. Lors d’un rassemblement avec des étudiants du New England University, il a dit croire que le fait de tolérer les mariages entre personnes de même sexe pouvait ouvrir la porte à la tolérance de la polygamie, voire de la zoophilie selon d’autres propos qu’il a tenu quelques années auparavant. Ce candidat est passé à huit voix de remporter le premier vote des primaires, le caucus de l’Iowa. Santorum et Perry sont farouchement pro-vies. Ce dernier, gouverneur du Texas, est entré dans la campagne, confiant, l’été dernier, d’obtenir l’investiture. À l’époque, il trônait au sommet des sondages. Par contre, une série de gaffes lors des débats l’ont largement discrédités dans l’opinion publique, ne recueillant aujourd’hui plus qu’environ 5% des voix à l’échelle nationale; au New Hampshire, il arriverait bon dernier. En effet, celui-ci avait oublié, lors d’un débat télévisé, lesquels des départements fédéraux il souhaitait abolir. Après une longue minute d’attente, il répondra finalement "Oops!".

Un autre candidat, Newt Gingrich, fut lui aussi pendant un bout de temps le favori de la course. Ce néoconservateur souhaite cristalliser autour de lui l’opposition des radicaux face au meneur Mitt Romney, qu’un modéré du Massachussett, selon lui. Niveau économique, il souhaite mettre en place aux États-Unis un véritable plan d’austérité. Au niveau international, une présidence Gingrich adopterait un comportement plus agressif face à l’Iran, quitte à entrer en guerre. Il a aussi déclaré que les Palestiniens ne forment pas un vrai peuple, que le peuple palestinien n’existe pas. Malgré un mois de décembre prometteur, sa performance déçevante en Iowa et les sondages dévastateurs au New Hampshire mettent sa campagne en danger en Caroline du Sud et en Floride, les prochaines étapes des primaires républicaines, fin janvier.

Ron Paul, représentant libertarien du Texas, prône quant à lui le retrait et la non-intervention du gouvernement face à l’économie du pays. Il veut une diminution drastique des taxes et impôts au nom de la liberté des citoyens. Il est un grand défenseur de la constitution (c’est l’un des seuls républicains à avoir voté contre le Patriot Act), du droit au port d’armes pour tout Américain et contrairement au républicain moyen, il est contre la peine de mort. Mais c’est au niveau de ses positions sur les questions internationales que ce candidat se distingue le plus. Il milite pour l’isolationnisme complet des États-Unis. Selon lui, le peuple américain ne doit pas intervenir à l’étranger sous aucune considération, à mille lieues des néoconservateurs à la George W. Bush ou Dick Cheney.

Finalement, il y a Jon Huntsman. Cet ancien gouverneur de l’Utah de 2005 à 2009, nommé ambassadeur en Chine par le président Obama par la suite, incarne le courant le plus libéral et modéré du Parti républicain. C’est le seul candidat en lice disant croire à une responsabilité de l’Homme dans les réchauffements climatiques. De plus, lors de son mandat de gouverneur, Huntsman fut l’un des signataires du Western Climate Initiative, une initiative américaine visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre. Sous sa gouvernance, il défend le droit à l’union civil pour les couples gays. Il fut très populaire dans son état, quittant son poste en 2009 avec plus de 80% de taux de satisfaction, l’économie y étant bonne et les taxes basses. Ancien diplomate, il connaît bien les enjeux auxquels fait face le monde d’aujourd’hui. Se disant prêt à travailler avec les démocrates, il regrette les divisions du monde politique américain. Par contre, peu connu et n’ayant pas eu un bon résultat en Iowa, quoiqu’il serait supposé faire mieux au New Hampshire demain selon les sondages, qui le placent deuxième, sa campagne peine à décoller.

À mon avis, je crois que c’est ce dernier que les républicains devraient investir comme candidat. Il est à mes yeux,  et de loin, le candidat républicain étant le plus crédible et étant le mieux placé pour être président des États-Unis. Les républicains ont besoin d’un modéré comme lui pour donner du fil à retordre à Barack Obama en 2012. Ce dernier a beau avoir un bilan plus qu’ordinaire de ses quatre années à la Maison Blanche, mais jamais les Américains ne voteraient pour un extrémiste comme Rick Perry ou Rick Santorum, ou encore pour un homme prêchant l’isolationnisme américain tel que Ron Paul. Newt Gingrich a des squelettes dans le placard et ne pourrait jamais débattre intelligemment face à Barack Obama et plusieurs de ses propos sur les questions internationales montrent qu’il en connaît bien peu de choses. Mitt Romney, quant à lui, n’a pas le charisme de pouvoir battre Obama. De plus, ses voltes-faces et ses ambiguités sur plusieurs questions font en sorte de donner des munitions aux Démocrates. Jon Huntsman, par son expérience en tant qu’ambassadeur des États-Unis en Chine, étant bien au fait des difficultés de la politique internationale, pourrait mieux faire face au danger qui guette les États-Unis dans un futur plutôt proche. De plus, le fait qu’il ait accepté de travailler pour un président démocrate montre que pour lui, les intérêts du pays sont plus importants que la partisanerie, qui, au cours des dernières années, a miné la crédibilité des républicains.

Un Sénat à réformer ou à abolir

Aujourd’hui, le premier ministre Stephen Harper a nommé sept nouveaux sénateurs qui pourront désormais siéger au Sénat sous la bannière du Parti conservateur. Ces nouveaux venus au parlement sont nommés par le premier ministre, donc ils ne sont pas élus par les citoyens canadiens. Pourtant, lorsque Stephen Harper a été élu pour la première fois en 2006, il avait bel et bien promi une réforme du Sénat, laquelle si elle n’était pas acceptée, conduirait ni plus ni moins à l’abolition de cette institution parlementaire. Qu’en reste-t’il pratiquement six ans plus tard? Encore de belles promesses. En effet, peu après sa réélection au printemps dernier, M. Harper a réitéré son intention de réformer le Sénat ou de tout simplement l’abolir. Pourtant, il continue de nommer des sénateurs afin d’y agrandir sa majorité.

Le Sénat est une institution archaïque et anti-démocratique qui ne doit pas être seulement réformée, mais tout simplement abolie. Comment des gens non-élus ayant droit de siéger jusqu’à l’âge de 75 ans peuvent-ils vraiment prétendre représenter les citoyens canadiens? À quoi bon avoir deux chambres législatives quand l’une d’entre elle est pratiquement inutile et désuète? Autrefois, les parlements provinciaux avaient eux aussi leurs chambes hautes, leurs "Sénats" qu’ils appelaient Conseil législatif. Le Québec a aboli le sien en 1968. Quarante-quatre ans plus tard, il serait temps que le parlement fédéral se débarrasse lui aussi de sa chambre haute inutile.

OUI à la fusion CAQ-ADQ

Depuis maintenant huit longues années, le Québec est dirigé par l’immobilisme, la corruption et la collusion d’un gouvernement fatigué par l’usure du pouvoir qui ne mérite que de rejoindre les banquettes de l’opposition, en raison des promesses non tenues de grands changements qu’il avait faites lors de sa première élection en 2003. J’ai toujours cru aux idées et aux valeurs que véhiculent l’Action démocratique du Québec depuis sa fondation, en 1994. De plus, je croyais en Mario Dumont. Je voyais en lui un leader qui pourrait sortir le Québec du marasme dans lequel il est engouffré et qui pourrait faire en sorte que la population se débarrasse du cynisme ambiant. Ce sont ces raisons qui m’ont poussés à m’engager dans ce parti en 2008.

Mais voilà qu’arrive la débâcle de l’élection de 2008 ainsi que la course à la chefferie qui a conduit à la destruction du peu de crédibilité qui restait au parti. Deux des six députés que comptait le caucus adéquiste ont quittés le navire et dans les années qui ont suivis, le membership du parti est passé de 13 000 à quelques 2 500 membres. Malheureusement, le parti, endetté, n’avait aucune chance de survivre aux prochaines élections, qui auraient sans doute vus la réélection facile de Jean Charest.

Vous le savez tout comme moi, il ne sert à rien d’avoir de belles idées si elles ne dépassent pas le stade des belles promesses et du grand rêve. Pour réaliser nos idéaux, il faut toucher au pouvoir. C’est pour ces raisons que pendant plusieurs mois, un ancien ministre péquiste déçu de l’entêtement de son parti face à la souveraineté qu’il prône avant toutes choses, l’a quitté et a sillonné les régions du Québec pendant plusieurs mois afin de rencontrer les citoyens québécois et connaître leurs aspirations et leur vision de l’avenir. Il en est arrivé à la conclusion qu’aucun des partis existants ne répondait aux besoins du peuple ainsi qu’aux problèmes auxquels le Québec doit faire face, comme par exemple la dette, le décrochage scolaire et notre système de santé inefficace. Ancien souverainiste, il en est venu à comprendre que les Québécois voulaient passer outre le débat constitutionnel et voulaient ainsi que leur gouvernement s’attaques aux véritables problèmes de notre société. Or, ce parti se veut un rassemblement de gens de tout horizons, des libéraux aux péquistes en passant par les adéquistes, et ce sont ces raisons qui me poussent à croire que nos idées ont de meilleures chances d’arriver à leur réalisation si nous fusionnons avec la CAQ que si nous restons de notre côté. En tant que sympathisant adéquiste, je me suis reconnu dans ce nouveau parti qu’est la Coalition avenir Québec.

Les forces du changement doivent s’unir plutôt que se diviser et continuer ainsi les chicanes de clocher qui contribueront à faire réélire le gouvernement Charest. J’approuve la fusion CAQ-ADQ.

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