Le 10 janvier: une date cruciale de la présidentielle américaine

Le système électoral des États-Unis est extrêmement complexe. Demain le 10 janvier 2012, aura lieu un événement très important dans le processus qui désignera le républicain qui affrontera Barack Obama dans la course à la Maison Blanche. En effet, aura lieu la primaire républicaine du New Hampshire. Lors de ce vote, le deuxième après le caucus de l’Iowa, les électeurs enregistrés de l’état du New Hampshire, peu importe leur appartenance politique, qu’ils soient enregistrés en tant qu’électeurs républicains, démocrates, indépendants ou d’un tiers parti, pourront voter pour le candidat qu’ils souhaitent voir représenter le Parti républicain lors de l’élection présidentielle.  Selon le pourcentage de votes obtenus, chaque candidat reçevra le nombre de délégués qui lui est dû. Ces délégués voteront pour désigner officiellement le candidat élu ainsi que le candidat républicain à la vice-présidence lors de la convention du parti qui aura lieu à Tampa Bay du 27 au 30 août 2012, soit lorsque chacun des 50 états ainsi que le D.C. auront votés.

Cette année, vraiment tout les courants du Great Old Party sont représentés. Premièrement, Mitt Romney, ancien gouverneur du Massachussett et mormon (l’appartenance religieuse d’un candidat étant toujours relativement importante aux États-Unis), représente l’aile conservatrice modérée du parti. Autrefois plutôt libéral, lors de ses mandats à la tête du Massachussett, il s’est soudainement montré plus conservateur lorsqu’est venu le temps de briguer la présidence. En effet, il est le penseur d’une sorte d’assurance-santé présente dans son état, semblable à celle qu’Obama veut mettre en place au niveau national. Pour rassurer ses électeurs, il assure que ce modèle fonctionne au Massachussett, mais ne peut être mis en place à la grandeur du pays. Pour l’instant, il semble le mieux placé pour remporter l’investiture républicaine. Ses positions plutôt ambiguës face au mariage gay et au droit à l’avortement font en sorte que les éléments radicaux du parti se méfient de lui et le croient incapable de battre Obama en novembre prochain.

Deux autres candidats, Rick Santorum et Rick Perry, représentent quant à eux le courant évangélique du parti. Pour eux, la morale et la foi religieuse doit être au coeur de leur présidence. Rick Santorum est d’abord connu pour des propos homophobes qu’il a tenu par le passé. Lors d’un rassemblement avec des étudiants du New England University, il a dit croire que le fait de tolérer les mariages entre personnes de même sexe pouvait ouvrir la porte à la tolérance de la polygamie, voire de la zoophilie selon d’autres propos qu’il a tenu quelques années auparavant. Ce candidat est passé à huit voix de remporter le premier vote des primaires, le caucus de l’Iowa. Santorum et Perry sont farouchement pro-vies. Ce dernier, gouverneur du Texas, est entré dans la campagne, confiant, l’été dernier, d’obtenir l’investiture. À l’époque, il trônait au sommet des sondages. Par contre, une série de gaffes lors des débats l’ont largement discrédités dans l’opinion publique, ne recueillant aujourd’hui plus qu’environ 5% des voix à l’échelle nationale; au New Hampshire, il arriverait bon dernier. En effet, celui-ci avait oublié, lors d’un débat télévisé, lesquels des départements fédéraux il souhaitait abolir. Après une longue minute d’attente, il répondra finalement  »Oops! ».

Un autre candidat, Newt Gingrich, fut lui aussi pendant un bout de temps le favori de la course. Ce néoconservateur souhaite cristalliser autour de lui l’opposition des radicaux face au meneur Mitt Romney, qu’un modéré du Massachussett, selon lui. Niveau économique, il souhaite mettre en place aux États-Unis un véritable plan d’austérité. Au niveau international, une présidence Gingrich adopterait un comportement plus agressif face à l’Iran, quitte à entrer en guerre. Il a aussi déclaré que les Palestiniens ne forment pas un vrai peuple, que le peuple palestinien n’existe pas. Malgré un mois de décembre prometteur, sa performance déçevante en Iowa et les sondages dévastateurs au New Hampshire mettent sa campagne en danger en Caroline du Sud et en Floride, les prochaines étapes des primaires républicaines, fin janvier.

Ron Paul, représentant libertarien du Texas, prône quant à lui le retrait et la non-intervention du gouvernement face à l’économie du pays. Il veut une diminution drastique des taxes et impôts au nom de la liberté des citoyens. Il est un grand défenseur de la constitution (c’est l’un des seuls républicains à avoir voté contre le Patriot Act), du droit au port d’armes pour tout Américain et contrairement au républicain moyen, il est contre la peine de mort. Mais c’est au niveau de ses positions sur les questions internationales que ce candidat se distingue le plus. Il milite pour l’isolationnisme complet des États-Unis. Selon lui, le peuple américain ne doit pas intervenir à l’étranger sous aucune considération, à mille lieues des néoconservateurs à la George W. Bush ou Dick Cheney.

Finalement, il y a Jon Huntsman. Cet ancien gouverneur de l’Utah de 2005 à 2009, nommé ambassadeur en Chine par le président Obama par la suite, incarne le courant le plus libéral et modéré du Parti républicain. C’est le seul candidat en lice disant croire à une responsabilité de l’Homme dans les réchauffements climatiques. De plus, lors de son mandat de gouverneur, Huntsman fut l’un des signataires du Western Climate Initiative, une initiative américaine visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre. Sous sa gouvernance, il défend le droit à l’union civil pour les couples gays. Il fut très populaire dans son état, quittant son poste en 2009 avec plus de 80% de taux de satisfaction, l’économie y étant bonne et les taxes basses. Ancien diplomate, il connaît bien les enjeux auxquels fait face le monde d’aujourd’hui. Se disant prêt à travailler avec les démocrates, il regrette les divisions du monde politique américain. Par contre, peu connu et n’ayant pas eu un bon résultat en Iowa, quoiqu’il serait supposé faire mieux au New Hampshire demain selon les sondages, qui le placent deuxième, sa campagne peine à décoller.

À mon avis, je crois que c’est ce dernier que les républicains devraient investir comme candidat. Il est à mes yeux,  et de loin, le candidat républicain étant le plus crédible et étant le mieux placé pour être président des États-Unis. Les républicains ont besoin d’un modéré comme lui pour donner du fil à retordre à Barack Obama en 2012. Ce dernier a beau avoir un bilan plus qu’ordinaire de ses quatre années à la Maison Blanche, mais jamais les Américains ne voteraient pour un extrémiste comme Rick Perry ou Rick Santorum, ou encore pour un homme prêchant l’isolationnisme américain tel que Ron Paul. Newt Gingrich a des squelettes dans le placard et ne pourrait jamais débattre intelligemment face à Barack Obama et plusieurs de ses propos sur les questions internationales montrent qu’il en connaît bien peu de choses. Mitt Romney, quant à lui, n’a pas le charisme de pouvoir battre Obama. De plus, ses voltes-faces et ses ambiguités sur plusieurs questions font en sorte de donner des munitions aux Démocrates. Jon Huntsman, par son expérience en tant qu’ambassadeur des États-Unis en Chine, étant bien au fait des difficultés de la politique internationale, pourrait mieux faire face au danger qui guette les États-Unis dans un futur plutôt proche. De plus, le fait qu’il ait accepté de travailler pour un président démocrate montre que pour lui, les intérêts du pays sont plus importants que la partisanerie, qui, au cours des dernières années, a miné la crédibilité des républicains.

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